Deadlands, un panorama en subjectif

Deadlands, panorama subjectif (1/3)

Par Ben “le puzzle”

Salut les rôlistes , les rôleurs, les rôleuses et les autres,

Le plomb pris dans la tête durant les séances ont laissé des traces, aucune date n’est 100% garantie.

« Dans le monde il y a deux genre de personnes : celles qui ont un flingue et celles qui… » Si vous avez terminé cette phrase avant même de la lire, vous devez déjà connaître le sujet de ce petit article. Dans le cas contraire, courez regarder la trilogie de Leone, Deadman et Vorace et passez par votre club de quartier préféré pour tester Deadlands.

      En promenade dans le Vème

Deadlands. Le nom résonne en moi comme un pow wow dans les canyons de l’Arizona. Un jeu découvert à la rentrée 1996. Première année de fac de philo. J’allais donc avoir du temps libre.

À cette date, notre fournisseur officiel, à mon futur gang et à moi-même, était Phénomène J, une petite boutique à mi-chemin entre l’Oeuf cube et Jeux Descartes sur la route du rôleur parisien. Je suis pas payé au caractère mais je suis nostalgique alors je vais faire un petit détour.

Phénomène J était pour nous un havre. L’Oeuf cube avait vendu son âme à Richard Garfield et les hordes de magiciens s’échangeant des cartes, même pas de poker, empêchaient toute circulation aux vrais joueurs. Jeux Descartes pratiquait les tarifs les plus hauts du coin et son ambiance de bibliothèque (dédicace à Chris M.) faisait qu’on y passait surtout pour dénicher le supplément qu’ils étaient les seuls à avoir importé (avec l’oeuf des poules qu’ont mal au cul, mais voir ci-dessus) ou pour admirer les figurines qu’on avait pas les moyens de se payer, pis « de toute façon, les figs, ça tue le roleplay ».

Phénomène J, c’était la boutique de quartier, la vraie. Pas de présentoir hors de prix, pas de vitrine hyper léchée avec des jeux dont les couvertures changent de couleurs au gré des saisons et du temps d’ensoleillement. Pour savoir ce que c’était fallait rentrer dedans.

Là on découvrait une boutique pour les joueurs, pas seulement pour les clients. C’était un club avec sa salle en sous-sol, un achat-vente avec ses jeux d’occaz’ (Shadowrun 1ère édition VO à 5 balles… Oui, 80 cents en euros du jour de maintenant !) et pis les étagères avec toutes les nouveautés. C’est un certain Arnaud Cuidet (auteur depuis du très bon Metal Adventures, et qui très étrangement, à bosser pour Multisim, éditeur dont les locaux se trouvaient à quelques mètres dudit magasin…) qui tenait la thurne, souvent. Un bon vendeur (ah, combien j’ai lâché dans Demonworld !) mais surtout un joueur qui savait de quoi il parlait.

Or, ce jour-là, en passant nos têtes chevelues dans l’ encadrure de la porte nous sommes accueillis par un «  Salut les gars, vous connaissez Deadlands ? »

Mouais on en avait entendu parler. Vu un petit article, lu en diagonale, dans Casus. Mais pourquoi Arnaud avait les yeux qui brillaient comme ça ?

Il nous fait le speech : fin XIXè, la Guerre Civile américaine ne s’est jamais arrêtée, un nouveau minerai a émergé et permet de faire avancer la technologie beaucoup plus (trop) vite, les morts se relèvent de leur tombe et les différentes nations d’américains natifs sont en position de force, notamment grâce aux esprits qui partagent leurs pouvoirs. Ah oui, tout un tas d’abominations, du shoggoth au loup-garou en passant par le jackalope, ont commencé à semer la zone…

« C’est un bijou, un bonheur, une réussite, vous pouvez pas passer à côté ! ». Forcément, il y a quelqu’un qui faisait jouer « en bas » (le marshall me pardonnera, je ne sais plus comment il s’appelait, je n’ai joué qu’une fois avec lui et ça date de plus de 20 ans). Et là, énorme claque. Un système moderne, complexe et tactique juste ce qu’il faut, une création de perso ludique et permettant à peu près tout ce qu’on pouvait imaginer et un scénario mélangeant allègrement Sergio Leone et Mario Bava. Aux anges !

En bref, après 4 ou 5 heures de jeu, nous remontons et je me fends des « 200 ff. » (30€)que coûtait le jeu. J’étais venu voir pour une occaz’ à 10 balles, je repars avec un livre de luxe. Sacré vendeur ce Arnaud !

En une nuit et une journée je me suis bouffé l’intégralité du tome en papier Canson extra-lourd et j’ai préparé mes premiers pré-tirés et mon premier scénario. Groupe de joueurs pas loin d’être tous débutants, scénario bancal et maîtrise des règles approximative, la première partie fut rude mais on en redemandait ! La lecture m’avait totalement conquis et les possibilités étaient tellement énormes que je ne me consacrais quasiment plus qu’à ce jeu pendant les années qui suivirent. Lorsque, après une pause de quelques années, je repris le jeu de rôle avec intensité, c’est évidemment une campagne de Deadlands que je lançais en premier lieu. Elle dure depuis bientôt quatre ans et ne devrait pas s’arrêter tout de suite.

(à suivre…)

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